01/05/2010

Critique ..

Monsieur Cosimi, critique d'art de Nice (France), a eu la gentillesse de s'intéresser à mon travail. Il en a écrit une critique que je vous soumets ici ...

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Patricia BAILLY

 

 

L’œuvre de l’artiste plasticienne Patricia Bailly mérite une attention toute particulière et cela à plusieurs égards. Marqueteries, huiles, crayon, gravures sur miroir et sur verre, collages, laques, l’artiste semble ne mettre aucune frontière au champ de ses recherches créatives et dans le choix des médiums et supports qu’elle explore et utilise hors des sentiers battus.

 

Autodidacte, Patricia Bailly s’inscrit, en tout premier lieu et au détour de nombreuses œuvres et portraits, dans une volonté profonde d’aborder la notion d’expression du visage ou la représentation subtile d’attitudes de personnages. En effet, et ce depuis plusieurs années, l’artiste est animée, à travers chacune de ses compositions, par une inspiration libre qui lui est très personnelle. Portrait de comédiens hollywoodiens célèbres, actrices et acteurs du cinéma français ou américain, chanteuses et chanteurs de talent, c’est tout un éventail de personnalités que l’on a plaisir à retrouver dans les œuvres en collages. A travers ces portraits, l’artiste tente de fixer et de révéler une expression unique, dans un sourire, un regard, une mimique, grâce à une technique où la lumière peut être captée et atteindre une dimension inédite dans l’approche d’un clair-obscur.

 

Patricia Bailly aime rappeler que lorsqu’elle découvre une technique nouvelle, elle s’y jette à corps perdu et la pratique parfois jusqu’à saturation. Elle souhaite avant tout, dans sa démarche artistique, laisser libre cours à une créativité qu’elle ne veut brider en aucune manière. L’alternance des pratiques est un prétexte à avancer, à décliner, à explorer tous les filons d’un art qui reste infini dans ses possibles.

 

L’artiste affectionne la lumière et l’énergie qu’elle procure à la composition dans son ensemble mais aussi dans ses moindres détails, à sa lecture et à l’effet qu’elle dégage auprès du regardeur. Les gravures sur miroir ou sur verre témoignent de ce dessein délibéré, celui d’exploiter une source rayonnante, qui va venir libérer les espaces, les volumes, les révéler pour donner aux motifs toute leur force et leur puissance évocatrice. S’il est un point commun aux différentes formes d’art dont use l’artiste, il s’agit bien de celui d’agencer la lumière à travers un découpage très précis des formes. Ce découpage, gravé ou collé, permet une ouverture, une découverte de l’œuvre sous différents angles. Dans le verre s’installe la lumière où l’éclat évolue, dévoilant un travail réalisé avec une adresse et une précision parfaite du trait.

 Dans la diversité surprenante des pièces d’art et des techniques abordées par l’artiste, un fil d’Ariane se devine pourtant, entretenant ainsi un lien constant dans l’ensemble de l’œuvre. Si Patricia Bailly veut réussir à traduire l’expression d’un même sujet, il ne s’agit pas pour elle de copier ni de reproduire un  visage à l’infini, mais bien plus, de saisir les évolutions, les particularités et les aboutissements de telle ou telle technique sur un même portrait. Aux effets que peuvent assurer plusieurs approches sur un même sujet, s’attache un défi que se lance l’artiste à chaque nouveau projet graphique. Les difficultés techniques s’ajoutent à cette recherche qui est moteur dans le langage de l’artiste.

 

L’œuvre de Bailly trouve aussi un prolongement très riche dans l’art de la marqueterie. Trop souvent considérée comme artisanat ou technique décorative depuis ses origines, au début de l’antiquité égyptienne, ainsi qu’au XIVème siècle, la marqueterie prend ici une dimension toute autre, contemporaine, d’autant que cette discipline n’est pas couramment répandue en Belgique. C’est un peu par hasard que l’artiste en est venue à ce travail d’ensemblier. Il s’agit à nouveau de fixer des attitudes, des expressions, à travers l’agencement minutieux de fines feuilles de bois collées. Mais cette fois, les combinaisons d’essences de bois et de matériaux vont bien au-delà de la simple ornementation ou de la simple notion d’incrustation. C’est avec beaucoup de sensibilité, que Patricia Bailly réalise des compositions émouvantes, telles que Rêverie, Complicité,  Doux abandon, Tendre douceur, Timide geisha, dans lesquelles  les motifs dégagent des ambiances feutrées où l’expression rend presque palpable la personnalité intérieure des sujets, par de nombreux indices tels que la pose ou la physionomie.

 

Dans ces constructions figuratives, la minutie avec laquelle Patricia Bailly réalise ses œuvres atteste  la maitrise de l’artiste en son médium, sa patience, mais également sa capacité à appréhender les coloris justes. La palette utilisée, composée d’or, d’argent, de bordeaux ou encore d’ocre foncé est, une fois de plus, en relation directe avec l’idée de captation et d’harmonie de la lumière qui transparait à merveille.

 

Les œuvres récentes de l’artiste sont en lien étroit avec cette recherche constante d’expérimentation. A  première vue, le regardeur peut se sentir dérouté par les assemblages de lignes sur panneau de bois et les constructions géométriques épurées des dernières compositions, littéralement abstraites, car il ne s’agit plus ici de portraits, de marqueterie, de verre, mais de métal, cette fois, et de céramiques agencées, à l’intérieur desquels les jeux de lumière viennent se refléter l’un l’autre avec une clarté particulière.

 

S’il s’agit toujours d’expression, c’est ici celle d’un matériau qui, même froid, peut  générer une chaleur, une douceur. La lumière s’y emmagasine, s’harmonise, et fait vivre l’œuvre qui s’apprécie dans la matérialité sur la surface. Tout au long de la démarche étonnante de Patricia Bailly, le regard du spectateur trouvera, à chaque fois,  une signification renouvelée de l’image dans ses plus puissants contrastes.

 

 

 

   Avril 2010

Rodolphe COSIMI

 

09:24 Écrit par patricia bailly | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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